Le pagne…une identité culturelle

.« La barbe dit le jour ce que dit le pagne la nuit. » Proverbe Burkinabè.

LE PAGNE…ce tissu a traversé des décennies et même des siècles pour devenir aujourd’hui le vêtement indispensable de la garde-robe. Plus qu’un bout de tissu, c’est un moyen d’expression culturelle, un canal de communication, une richesse pour son détenteur. Souvent relégué au second rang par le passé, il suffit de sillonner les capitales africaines ou les rues de Cotonou pour remarquer qu’il est de nouveau à la mode. La modernité des motifs par les créateurs et l’infinité des modèles ainsi que les coupes imaginées par les designers et les stylistes participent à cet essor du tissu coloré.

Historique

Avant

Le pagne est un vêtement historique utilisé depuis la nuit des temps par l’Homme et que se sont approprié les cultures africaines au fil des années. En effet, les premiers pagnes étaient fabriqués à base des matériaux de forêt tels que les écorces battues, les feuilles d’arbres. Mais depuis, il a connu une évolution spectaculaire en passant des pagnes traditionnels des pygmées du Zaïre fait à base de feuilles et d’écorces à des tissus plus riches et complexes inspirés des techniques indonésiennes ou des coloris Massaï. Le pagne était plié en deux dans le sens de la longueur et enroulé autour des hanches () dans la vie de tous les jours, ou tout simplement déplié et drapé à la façon d’un sari, une partie s’enroulant autour de la taille et le bord libre rejeté derrière l’épaule gauche lors des occasions plus formelles. Le pagne était un vrai symbole d’aisance social.

Aujourd’hui

De nos jours…le pagne est toujours aussi digne d’intérêt. Cependant, avec l’inspiration moderne, il est possible à partir de celui-ci de créer des modèles so chic et très glamour. Tout cela a permis de remettre à l’ordre du jour ce « bout de tissu » à travers de très belles créations. Beaucoup de salons y sont de plus en plus consacrés dans le monde au pagne.

                           

En Afrique subsaharienne (Afrique noire), le pagne et ses couleurs chatoyantes font partie intégrante des activités de tous les jours. La variété des motifs et l’éclat de ses couleurs, les techniques d’impression et de teinture en ont fait un art textile riche de significations. Déjà entre le XIe et le XVIIIe siècle, diverses techniques étaient utilisées et ces diverses cultures textiles authentiques africaines se manifestaient déjà bien avant l’arrivée des étrangers.

L’Afrique occidentale est quant à elle beaucoup plus accoutumée aux pagnes ou tissus tissés par rapport à l’Afrique subsaharienne qui utilise plus les imprimés. Les techniques les plus répandues ici sont les techniques de tissage, de teinturerie et de filage de coton servant à fabriquer les tissus appelés « BOGOLANT ». Bien avant l’importation des tissus industriels asiatiques et européens, cette étoffe était la plus prisée et elle s’entourait du mystère selon lequel son secret de fabrication était divin.

Le pagne

Les types

Oh le fameux WAX…Ce tissu qui est par excellence celui des femmes d’Afrique de l’Ouest, est de plus en plus prisé par les hommes. Il dégage une certaine alchimie et plus qu’un simple tissu, c’est un moyen de communication. C’est l’un des pagnes les plus prisés et l’un des mieux notés surtout dans la société béninoise. Sa technique de fabrication est inspirée des Baltiques Javanais, réalisée avec des cires hydrophobes. Pour ceux qui ne le savaient pas, WAX veut dire en réalité CIRE.

À part le WAX, il existe sur le marché d’autres marques de pagnes. On peut noter Vlisco, Woodin, Uniwax, SOBETEX et le wax « chinois » moins cher, mais de mauvaise qualité. Le prix varie en fonction des marques, des couleurs, des motifs et de la qualité de l’impression.

Les motifs

Il faut aussi savoir que chaque pagne a une certaine signification, en considérant les motifs qu’il contient. De ce fait, dans la société béninoise, le pagne est devenu un moyen de communication à part entière.

Il existe plusieurs exemples de cet état de choses :

Le pagne avec des imprimés feuilles de gombos…

Un homme vêtu de la feuille de gombo révèle qu’il a beaucoup épargné pour se l’offrir. Cela fait également référence à l’expression ivoirienne « faire des gombos ». Elle signifie gagner de l’argent en faisant de petits travaux en marge de son emploi régulier.

Le pagne avec des imprimés appelé « Mains entrelacées »

Ce pagne est un pagne-mémoire qui interpelle les Africains au sujet de leurs valeurs fondatrices. Comme on le dit, des doigts séparés ne sont capables de rien. Cependant, ensemble ils forment solidairement une intelligence communautaire pour réussir ensemble.

Le pagne avec des imprimés feuilles entrelacées et appelées « La conjoncture »

Ce pagne interpelle la crise économique. Les motifs de ce pagne rappellent les feuilles de manioc qu’on utilise pour faire la cuisine en période de vache maigre.

À travers tout cela, on peut aisément faire le constat selon lequel, le pagne n’est pas qu’un simple tissu. C’est bien entendu une preuve d’expression de l’identité culturelle, un langage, une mode. Alors, il ne faut pas hésiter à s’en confectionner.


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